Thèse une Nouvelle Approche de la Glottalisation en Anglais de la Qualité à la Quantité H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Nantes Université École doctorale : École doctorale Education, Cognition, Langages, Interactions, Santé Laboratoire de recherche : LABORATOIRE DE LINGUISTIQUE DE NANTES Direction de la thèse : Sabrina BENDJABALLAH ORCID 0000-0002-3125-8325 Date limite de candidature : 2026-07-15T00:00:00
Cette thèse se propose d'analyser le rôle de la glottalisation, une coarticulation des occlusives sourdes et fortis /p, t, k/ de plus en plus répandue en anglais britannique, mais paradoxalement encore peu étudiée en phonologie. Parfois appelée « renforcement glottal », nous postulons, à l'aune de sa similitude avec l'aspiration et de considérations dans d'autres langues germaniques, que la glottalisation participe en effet à distinguer les consonnes fortis des consonnes lenis /b, d, g/, dont la réalisation articulatoire est en fait analogue, faisant de la glottalisation et de l'aspiration les seuls
éléments contrastifs. Ce travail s'inscrira dans le
cadre de la Théorie des éléments. De précédents travaux définissent les consonnes fortis comme étant composées de deux unités de longueur phonologique (CC). Nous suggérons que le coup de glotte // correspond à une de ces unités. Cette thèse, au moyen d'une analyse de corpus composé de trois dialectes britanniques qui présentent des configurations fortis-lenis particulières, interrogera sa nature phonologique : purement quantitative, se rapprochant alors d'une consonne géminée /CC/ - ce qui renouvellerait l'analyse de la gémination en anglais, jusque-là considérée comme inexistante - ou mélodique. Cette analyse s'attachera donc à étudier des aspects méconnus de dialectes britanniques non-standards, en particulier la nature du contraste fortis-lenis et de la glottalisation, phénomènes problématiques dans les langues germaniques plus généralement.
Le LLING est un des seuls laboratoires dont le volet phonologie inscrit ses travaux dans la Théorie des Eléments, comme le témoigne le colloque de référence organisé en 2018, primordial pour le développement de cette
théorie (actes édités chez De Gruyter, Bendjaballah, Tifrit & Voeltzel, 2021). Sa composante « Formes sonores » s'articule
autour des axes « phénomènes temporels » et « articulation entre niveau syllabique et niveau segmental », tous deux au coeur du travail visé. Enfin, au plan méthodologique, les enregistrements pourront se faire dans les meilleures conditions, via l'usage de la chambre sourde du laboratoire.
Bien que l'étude sociolinguistique des variétés d'anglais britannique soit foisonnante, la diversité de l'anglais non-standard est encore peu représentée en phonologie, et les
phénomènes laryngaux en anglais le sont encore moins, même si l'on observe un intérêt récent pour le contraste fortis-lenis dans les langues germaniques (Balogné Bérces 2022, projet de recherche en cours présenté par Szigetvári en 2022, Pöchtrager 2023), ce qui permettra à ce travail de s'insérer dans un dialogue enrichissant et novateur. D'un point de vue théorique d'autre part, nombre de notions en phonologie sont nées de l'étude de phénomènes anglophones, dont le contraste fortis-lenis : il sera possible de formuler de nouvelles
hypothèses les concernant à la lumière de données originales (Honeybone 2007). Dans le cadre de la Théorie des Eléments plus spécifiquement, cette thèse s'inscrit dans la discussion concernant les représentations mélodiques et structurelles des phénomènes segmentaux.
Enfin, dans une perspective plus large, ce travail présentera une valeur typologique indéniable, puisqu'il permettra de dégager des éléments d'analyse concernant la glottalisation et la longueur phonologique, phénomènes à l'étude dans les langues germaniques, mais également dans d'autres familles de langues, comme les langues afro-asiatiques.