Les missions du poste

Établissement : Nantes Université École doctorale : École doctorale Sociétés, Temps, Territoires Laboratoire de recherche : CENTRE DE RECHERCHES EN HISTOIRE INTERNATIONALE ET ATLANTIQUE- CRHIA Direction de la thèse : Annick PETERS CUSTOT ORCID 0000-0003-3028-9178 Date limite de candidature : 2026-06-10T00:00:00 Pendant le XIIIe siècle, l'espace égéen, avec Constantinople comme point de référence politique et symbolique, fut l'enjeu de revendications concurrentes de nombreuses puissances locales, toutes aspirant à la légitimité impériale, y compris l'aristocratie byzantine (Lascaris, Paléologues, et leurs alliés). Ce projet doctoral se propose de remettre en question l'approche classique qui réduit la recomposition du pouvoir byzantin à une simple succession d'affrontements militaires, en partant du postulat qu'elle relevait de la conjonction (et de la compétition) de forces et de formes multiples à court et à long terme.
Le sujet n'implique pas de moyens particuliers, à côté de ceux fournis habituellement par le CRHIA à ses doctorants (poste de travail, accès aux ressources des bibliothèques universitaires, etc.), car l'essentiel des sources est édité et que la B.U. de Nantes dispose d'un service de P.E.B. efficace. Il faudra envisager un soutien pour les humanités numériques et éventuellement une mission annuelle, soit en Italie (pour les archives vénitiennes ou génoises) soit en Grèce, du moins si les finances du laboratoire le permettent.
Contextualisation du projet de thèse : Depuis les années 1990, l'historiographie a mis en évidence la pluralité et la fluidité des sociétés de la mer Égée qui, au lendemain de 1204, interagissaient dans un espace commun, malgré la fragmentation de la région. Par ailleurs, la relecture de cette période a contribué à rejeter l'approche fataliste selon laquelle les acteurs seraient restés passifs face aux bouleversements historiques. Cependant, la reprise de Constantinople en 1261 par les Paléologues occupe toujours une place trop centrale dans la recherche, et reste l'objet d'interprétations exclusivement diplomatiques et militaires, sans prendre en considération la diversité des modalités de la recomposition du pouvoir byzantin. L'espace méditerranéen n'y est qu'une simple toile de fond et les modalités selon lesquelles le pouvoir byzantin racontait ou imaginait l'espace restent presque inconnues. Enfin, les travaux d'envergure sur les développements économiques se sont concentrés sur les mutations dues aux fractionnements politiques ou sur les relations avec Venise. Les hommes d'affaires eux-mêmes n'y apparaissent pas comme des partenaires capables de peser sur la reconfiguration du pouvoir byzantin. Cette lecture suppose que les empires se construisent exclusivement par le conflit et la diplomatie des gouvernants, selon une logique unidirectionnelle du pouvoir, sans négociation ni partage ni consensus, et minimise les marges de manoeuvre des acteurs locaux, auxquels elle assigne une large passivité face aux dynamiques historiques.
Méthodologie envisagée : La nouvelle approche traitera des reconfigurations des pouvoirs selon 3 axes : la territorialisation du pouvoir, manifeste dans les activités de construction et de rénovation comme dans les géographies imaginaires susceptibles de transformer le capital politique de la reprise d'un lieu en capital symbolique. Second axe, les réseaux politico-sociaux, économiques et ecclésiastiques que la cour byzantine nouait avec les acteurs locaux. La souveraineté byzantine s'y laisse appréhender comme un maillage d'alliances circonstancielles et issues de négociations entre le centre impérial et les élites locales, le clergé, les marchands ou les corsaires. Troisième axe, les narrations et les instruments de persuasion du pouvoir. Polyphonique, l'autorité byzantine définissait sa propre position, ses droits et sa légitimité par les discours, les correspondances, les traités, et la mémoire du passé, qu'il convient d'analyser. Pour en tirer pleinement parti de la documentation, la combinaison de l'histoire globale et de l'histoire connectée fournit le cadre conceptuel : elle ouvre un horizon d'analyse pour saisir la recomposition du pouvoir byzantin comme un processus relationnel et (inégalement) coproduit, inscrit dans un paysage en constante reconfiguration. La confrontation critique des sources byzantines, latines et matérielles permettra de mettre en évidence des revendications concurrentes à travers un corpus documentaire riche et varié : données archéologiques (forteresses, églises, monastères), les lettres impériales, pontificales et patriarcales, les récits grecs et latins (Choniatès, Pachymère, Georges Acropolite, Geoffroy de Villehardouin, Henri de Valenciennes), les versions grecque et franque de la Chronique de Morée , les sceaux, les archives patriarcales et monastiques (Mont Athos), les monnaies, les actes notariés vénitiens et génois, les contrats commerciaux, etc.

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Publié le 11 Mai 2026
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